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C’est décidé : j’arrête les études !

Arrêter les études. Il n’aura pas fallu longtemps pour que l’idée se concrétise. Mais ce n’est pas une décision prise à la légère pour autant.

Pour le premier article publié sur ce blog, il me paraissait évident d’expliquer mon choix et les raisons qui m’y ont menées. Pour cela, je vais aller chercher le problème à la racine et revenir sur l’ensemble de mon parcours « scolaire ». Mon opinion est tout à fait subjective car c’est avec du recul et sur ma propre expérience qu’elle s’est construite.

En avant pour la rétrospective !

 

Premier choix

Pendant ma jeunesse (école primaire, collège), j’ai toujours été un « bon élève ». Ni surdoué, ni modèle, juste « bon ». J’avais des facilités, l’école n’était pas un problème pour moi et je n’avais pas besoin de beaucoup travailler pour comprendre et y arriver. En bref, j’avais des bonnes notes sans me tuer à la tâche.

Vers la fin du collège, mes notes ont commencé à baisser, mais il n’y avait pas de quoi s’affoler (14 de moyenne, on ne s’affole pas). Et puis j’entrais dans la vie d’adolescent, j’accordais moins d’importance aux devoirs et révisions –même si une « mauvaise » note m’affectait facilement.

Arrêter les Études - Sonny Étudie

En seconde, j’ai continué à découvrir ce qu’était cette tant redoutée/attendue adolescence. C’était le moment des nouvelles rencontres, des sorties qui se multipliaient et de l’excitation pour les choses « interdites » ! Cette époque là a aussi été celle du boom des réseaux sociaux. Tout cet environnement n’était pas vraiment propice aux études, mais je m’en sortais tout de même pas trop mal.

Arrivé en fin d’année, l’heure du premier choix concernant mes études, et plus indirectement ma future carrière, est arrivée. S ? ES ? L ? Autre ? Dans quelle boîte allais-je donc m’insérer ?

Le calcul a finalement était vite fait. J’ai écarté toutes les branches pour me retrouver avec seule option une 1ère S. Parce-que j’aimais les maths et les sciences ? Absolument pas.

Je n’avais encore aucune idée de ce que je voulais faire plus tard, et c’est bien connu, le banche Scientifique est la plus reconnue (la « meilleure ») et ouvre le plus de portes. D’où le fourre-tout pour bons-mais-perdus-élèves-du-lycée-général.

Je n’avais pas spécialement (pas du tout, en fait) d’attrait pour les matières Maths, Physique et SVT, mais je n’avais pas non plus des notes horribles, donc pourquoi pas.

Me voilà largué en 1ère S. « Largué », le mot est ici bien choisi. C’est un peu l’état dans lequel j’ai été pendant les deux années suivantes. Je n’ai absolument pas aimé ce que je faisais, ce que je devais étudier. Aucun plaisir. Mes notes sont vite devenues moyennes. J’ai pourtant trimé pour réussir. Réussir ? Oui, vous savez, avoir de bonnes notes pour avoir des bonnes moyennes et donc un bon dossier pour passer à l’étape suivante. Réussir quoi.

Oui, j’ai trimé car je ne comprenais rien à ce que je devais apprendre. La S a pour moi était difficile. Surtout que je ne trouvais aucune utilité aux informations que je m’efforçais de faire rentrer. Je ne la trouve toujours pas d’ailleurs. C’était clairement apprendre pour oublier (avec la bonne note à choper entre les deux).

 

Premier diplôme

Au passage en Terminale (« YES, enfin ») ça ne s’est pas arrangé. On m’a mis dans une classe « élite ».

Mais quelle bonne idée !

Je n’avais rien à faire là.

Et j’ai encore plus trimé, du coup. Génial. J’ai quand même réussi à obtenir mon BAC. Mais si, le BAC, le diplôme le plus important de votre vie ! Allez, faites un effort !

Arrêter les Études - Sonny Étudie

Le BAC en poche, j’ai ENFIN pu sortir du lycée et continuer ma vie. C’était ENFIN le moment d’aller apprendre quelque chose d’utile, quelque chose qui me plairait !

Sauf que.

Oui j’avais eu mon BAC. Mais pas avec les meilleures notes (aaaah, les notes) et le meilleur dossier possible. Mon passage sur APB (Admission Post BAC pour les intimes) fut éclair : 1 seul choix. Pas le niveau pour espérer prétendre à un DUT ou à une IAE, pas l’argent pour une école ou autre dans le privé. Au moins, j’avais ma petite idée sur ce que je voulais faire, du Marketing (du Marketing, avec mon bac S, c’est mignon).

J’ai alors trouvé la Licence Economie & Gestion. A Toulouse, cette Licence est une passerelle pour accéder de plein droit (entendez : sans concours) soit à l’IAE soit à la TSE. Le deal ? Avoir au moins 3 semestres sur 4 avec mention (minimum 12/20) sur les deux années de formation. OK, I’m IN ! Mon seul choix était donc : la fac. Ça tombait bien, la fac c’était sans sélection sur dossier.

Franchement, j’étais super content, j’avais trouvé ma « voie ». Après ces deux années de fac j’allais pouvoir rentrer à l’IAE et faire du Marketing sans même avoir eu à me soucier de mon dossier ! Et puis aussi.. adieu les maths et les sciences !

Si seulement ça avait été aussi beau.

En totale innocence je me suis retrouvé en prépa. « Mais tu viens de dire que tu étais parti à la fac ? », je vous vois venir. En creusant un peu sur internet, j’ai appris que la Licence Econime & Gestion de Toulouse était en fait un « cycle préparatoire L1-L2 ». Seules les deux premières années de la Licence sont enseignées, le but étant l’entrée dans l’une ou l’autre école pour la troisième.

Alors devinez quoi ?

J’ai trimé !

Ah ça oui, j’ai trimé. La charge de travail était énorme. Le rythme était intense, et la majorité des cours n’avaient pas vraiment de sens à mes yeux ! Et les maths étaient toujours là ! Les pires mathématiques de ma vie. Leur rôle en tant que matière principale était de faire le tri dans la promo (mission accomplie).

Heureusement, ça restait la fac, nous pouvions donc à peu près gérer notre emploi du temps à notre sauce. Point positif : l’organisation, ça m’connaît !

A partir de la L2, j’ai rajouté un contrat étudiant le dimanche matin. Pour le fun, m’voyez.

Cette Licence a donc été deux années à emmagasiner toutes sortes d’informations et de formules de calcul dont aujourd’hui je ne vois plus la couleur. J’ai quand même appris des choses intéressantes, comme des points d’économie ou d’histoire. Mais le problème est là. Les études tendent à faire oublier cette partie cool et pertinente qui est d’élargir sa culture et d’apprendre des choses intéressantes !

C’est triste, voire vicieux.

Vicieux ? Oui. En choississant nos études, on se dirige en général vers quelque chose qui nous attire. On finit par se tuer à la tâche sur des trucs qui n’ont rien à voir avec. Les maths, tout ça tout ça…

Pour le coup, j’ai mon avis sur les prépas.

Une lumière au tableau : le 4ème semestre, où j’ai eu le plaisir d’avoir (enfin) un cours de Marketing, qui m’a rassuré dans mes choix (un partiel à 17/20 aussi, c’est rassurant).

Ces deux années de fac/prépa/licence écoulées, merveilleuse nouvelle : j’ai mes 3 mentions ! (« YES »)

Même si cela n’aura pas été simple, j’aurais quand même travaillé pour obtenir ce pour quoi je m’étais lancé.

 

Première grosse décision

Qui dit 3 mentions en poche, dit… entrée à l’école !

Du moins, c’est comme ça que cela aurait du se passer.

Mais non, j’en ai décidé autrement (j’aime bien prendre des décisions).

La deuxième année de Licence était vraiment dure psychologiquement. C’était comme si les profs voulaient nous pousser dans nos retranchements. Mon métro-cours-dodo-boulot était un peu déprimant. Je réfléchissais, beaucoup. À ce que je faisais là, ce pour quoi je me « battais ». Et puis j’avais envie de partir, je rêvais d’évasion. J’étais persuadé que ma vie ne se résumait pas à ce que j’étais en train de faire !

C’est comme ça que j’ai pensé à partir à l’étranger pour quelques temps. Pourquoi pas une année sabbatique ? Juste le temps d’aller voir comment ça se passe ailleurs, le temps d’expérimenter une autre vie, de sortir la tête des cahiers. En profiter pour améliorer mon niveau d’anglais, par la même occasion.

Bien avant la fin de la L2, ma décision était prise. En septembre, je n’irai pas à l’école, je m’envolerai pour Londres.

C’est donc ce que j’ai fait.

Comme toute décision ne peut être prise à la légère, j’ai exposé mon projet pour savoir si ma place à l’école pourrait être remise en cause. Et il s’est avéré que la réponse était non. Mon dossier serait toujours valable et encore mieux fourni. Soit ! Let’s go then !

Arrêter les Études - Sonny Étudie

On s’est alors retrouvé dans l’avion, ma seule valise et moi. Une toute autre vie a commencé, non moins fatigante. Là-bas, j’aurais aussi énormément bossé, mais cette fois-ci pour gagner de l’argent et vivre. C’était une expérience exceptionnelle. Éprouvante, mais enrichissante. Partir vivre à l’étranger m’aura fait grandir.

Est venu le jour des résultats d’admission à l’IAE, la veille de mon retour en France.

Ce coup de marteau, je m’en souviendrai toute ma vie.

Quelle surprise de ne pas trouver mon nom sur la liste des admis. Mais qu’est-ce que c’était que cette connerie ?

Ni une, ni deux, mail envoyé « est-ce que mes trois mentions ont été prises en compte ? » « nous allons réétudier votre dossier ».

Deux jours plus tard, je recevais la bonne nouvelle : j’étais accepté. « Je suis désolé, je n’ai pas pris en compte la spécificité de votre parcours. » Mouais. Avez-vous seulement regardé mon dossier ou le trou d’un an dans le CV vous l’a fait reposé directement ? Je n’aurais jamais cette réponse, mais mon petit doigt et moi ne sommes pas dupes.

Là, je me suis dit qu’en fait, dans la vie, des gens pouvaient vous juger sur un simple dossier, sans même vous connaître, sans même vous avoir rencontré ou simplement vu. Et moi qui rentrais juste de Londres, où l’on m’avait offert une promotion (Team Leader) après quelques mois de travail. Je veux dire, mon manager n’avait jamais vu quelconque dossier à mon sujet. Il m’a juste vu travailler et m’impliquer, un peu plus de jour en jour. Alors oui, ça énerve et on ressent une certaine injustice.

Enfin bon, je suis rentré, j’avais mon école, laissons passer l’été. Je n’avais qu’une hâte, c’était de reprendre les cours pour ENFIN étudier ce que je voulais, ENFIN apprendre mon futur métier. Et ENFIN ce moment était arrivé. J’avais l’impression d’avoir attendu ça pendant tant de temps ! J’étais vraiment heureux de retourner sur les bancs de la fac !

Pendant l’année, nous avons eu des « conférences professionnelles » (c’était surtout des anciens élèves venant nous raconter leur parcours vendre leur boîte, mais passons). Une des personnes invitées a évoqué le sujet de Digital Active, une formation gratuite de Google sur le Marketing Digital. Le Marketing Digital ?? Je n’en avais jamais vraiment entendu parlé, du moins pas clairement. Après quelques renseignements (sur Google évidemment), je me suis lancé dedans.

Je ne regrette pas, cela a élargi mon champ de vision et m’a ouvert de nouvelles voies. J’étais super intéressé et j’ai commencé à me dire que, peut-être, c’était dans ça que je voulais travailler.

Par contre, plus j’avançais dans l’année, plus je me rendais compte du décalage entre mes cours et ce que j’avais appris grâce à Digital Active. C’était pas normal ! En plus, mes cours de Marketing étaient exactement les mêmes que ceux de L2, rien de nouveau. J’étais dégoûté. Et puis ces maths qui étaient toujours là, ne lâchant pas l’affaire. A quoi bon ?! A quoi bon vous obstiner à nous faire bosser des maths quand on sait pertinemment que l’on en aura pas besoin, que ce soit dans notre boulot ou même dans la suite de nos études ?? STOP.

En recherche de stage, je voulais trouver un poste dans le Marketing Digital, pour enfin mettre un pied dedans. Or rien sur mon CV ne l’indiquait. Aie. Il faut avouer que c’est compliqué de trouver un poste dans un domaine dans lequel on n’a aucune expérience, compétence.

J’ai fini par trouver mon stage. C’était dans une startup. Je me souviens qu’au début de la L3, je disais « les startups, hors de question ». Ahahah. Ce stage m’a ouvert les yeux. Déjà, j’ai fait du Marketing Digital. Ensuite, j’ai été confronté à un nouveau monde, celui de l’entrepreunariat. Au bout de quelques semaines, je me voyais déjà monter ma boîte !

Ce stage a changé ma vie et ma vision des choses. Je ne remercierai jamais assez ma boss pour la confiance qu’elle m’a donné. C’est drôle, c’était encore mon boss qui me laissait ma chance.

 

Le moment où tout a basculé

Pendant le stage, j’étais en recherche d’alternance. Je n’avais pas envie de retourner en cours « normaux ». J’avais envie de travailler, d’apprendre sur le terrain. Et aussi de commencer à gagner ma vie, marre des contrats étudiant.

Mais je ne l’ai jamais trouvé.

À ce stade, entrer en Master 1 Marketing en formation initiale était devenu inenvisageable. Surtout que ce Master s’apprêtait à être encore plus général que ma Licence de Gestion mention Marketing. Sauf qu’à un moment donné, moi, j’en ai marre d’attendre ! Je veux l’apprendre mon métier !

Arrêter les Études - Sonny Étudie

Et c’est comme ça qu’est née l’idée : et si j’arrêtais les études ? et si je me formais seul ? si ma formation ne peut pas m’apporter ce dont j’ai besoin, pourquoi ne pas aller le chercher moi-même ?

J’ai beaucoup étudié cette option qui s’offrait à moi. En long, en large, et devinez-quoi ? En travers aussi.

Plus l’été passait, plus l’idée germait dans mon esprit, et c’est très vite devenu clair.

Les études c’était fini pour moi. Etudier par contre, pas du tout. Ayant toujours été autodidacte, étudier seul, ça coulait de source.

 

Le premier jour du reste de ma vie

Aujourd’hui, je suis là, j’écris cet article.

Si j’ai pris cette décision, c’est parce-que je suis intimement persuadé que je n’aurais pas besoin d’un diplôme (en l’occurrence un master) pour faire le métier auquel j’aspire.

En ce qui concerne les diplômes en général, je me trouve de plus en plus méfiant à leur égard. Je doute que ceux-ci soient vraiment un gage de crédibilité, qu’ils témoignent réellement des compétences de quelqu’un. Comment plusieurs personnes peuvent-elles sortir d’une école avec le même diplôme, la même « preuve », alors qu’elles sont forcément toutes différentes ?

(Si mon discours sur les diplômes est valable dans mon cas, je sais qu’il ne le serait pas dans d’autres, comme dans la médecine par exemple. I’m not that stupid!)

La startup dans laquelle j’ai effectué mon stage était basée dans un espace de coworking. J’ai pu y rencontrer des personnes qui ont renforcé mon idée de projet.

« Personnellement, mes collaborateurs, je ne sais pas quel diplôme ils ont. Je leur ai demandé de me montrer ce qu’ils savaient faire et ce qu’ils avaient déjà accompli sur le terrain. »

Mon avis sur les diplômes découle aussi de mon expérience personnelle :

  • j’ai un BAC S, je ne connais rien aux sciences
  • je possède un BAC+3 ne m’apportant aucune compétence réelle

Honnêtement, je trouve ça grave après toutes ces années d’étude. Comment se fait-il que tant d’étudiant aient le même ressenti ? Ne devrions-nous pas nous sentir prêt à travailler ?

Je ne veux plus perdre mon temps. Je ne veux pas attendre 2 ans – soit la fin d’un master – pour apprendre ce que j’ai à/veux apprendre. Je veux sortir du lit le matin avec engouement pour la journée qui m’attend. Je ne veux pas trimer juste pour passer à l’année d’après, avoir des bonnes notes juste pour satisfaire un dossier. Ma L3, j’en sors avec une mention assez bien et une mention bien. Mais au fond, à part ma satisfaction personnelle, qui le saura ? Mon futur employeur ? Peu de chance.

Sauf si je suis mon futur employeur, bien sûr.

Encore une fois, j’ai l’impression de me jeter dans le vide. C’est une bonne sensation. Je pars en terre inconnue, je pars à l’aventure, découvrir ce que la vie me réserve. J’avoue ressentir quelque chose d’étrange des fois : c’est comme si je me retournais depuis cette terre inconnue et observais le monde resté là-bas. En fait, je suis parti étudier le monde, aussi.

Si je dois me ramasser, je me ramasserai, ça ne me fait pas peur. C’est juste que je me dis qu’il est temps d’apprendre ce que je souhaite apprendre. La suite, on verra, elle arrivera plus vite que prévu de toute manière, comme d’habitude.

 

Cet article était long, j’en ai conscience. Mais vous savez quoi ? Ca fait du bien de tout mettre à l’écrit !

Et vous, avez-vous déjà ressenti la même chose par rapport aux études ? Suis-je juste fou et irresponsable ?

 

 

So

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